DE BAYONA A CASCAIS
23/09/2007
Départ au petit jour du mouillage, il y a une petite brise d’environ 15 nds grand largue qui va nous pousser gentiment, on mettra le spi pendant la journée pour gagner un peu en vitesse et en confort de navigation car cela atténue un peu le roulis que l’on a toujours quand on navigue au vent arrière. Toujours pas de poisson en vue, nous traînons une ligne depuis le départ de Bretagne mais notre leurre ne doit pas être au goût des poissons locaux car on est toujours aussi bredouille tant pis pour les protéines ! La nuit arrive, le spi est remballé et commence la ronde des quarts de veille qui seront plus animés que dans le golfe de Gascogne car les Portugais pêchent beaucoup, il y a toujours un bateau en vue et surtout ils nous ignorent complètement à un point tel que nous avons du 2 fois au cours de la nuit modifier notre route pour éviter de se faire percuter, heureusement nous étions au moteur car le vent était tombé et c’est plus facile qu’à la voile. Le jour se lève et avec lui le vent revient, on renvoie les voiles, la navigation silencieuse reprend. La fin du parcours nous obligera à tirer des bords car le vent a légèrement tourné et il devient difficile de conserver notre cap mais le but approche, nous allons bientôt virer le cap qui délimite l’entrée dans le Tage. Nous avons réussi à retrouver Abondance hier soir ils quittaient Lexios, ce qui leur donnait une demi-journée d’avance sur nous et un appel sur la VHF nous confirme qu’ils sont arrivés au mouillage de Cascais. En apprenant cette nouvelle Chloé et Léa sont ravies et surexcitées de retrouver leurs copains. Tout marin sait qu’en passant un cap on a souvent une accélération du vent, j’en avais tenu compte pour le calcul de notre heure d’arrivée et pour mes réglages de voile mais ce que je n’avais pas prévu c’est la force avec laquelle le vent allait augmenter. En effet nous sommes passés en à peine 5 mn de 20 nds à 35 puis 40 nds, le génois a été roulé en vitesse mais pas moyen de prendre un 2 eme ris dans la grand voile, il va falloir « serrer les fesses » et surtout ne pas commettre d’erreur de barre car nous sommes sur toilé, je vais déborder la grand voile au maximum pour atténuer les effets du vent en espérant qu’il se calmera une fois rentrer dans l’estuaire, 30 mn de stress et d’adrénaline plus loin, le vent s’est calmé, ouf! On respire mais ce n’est pas terminé, nous sommes en vue du mouillage et le voilà qui remonte à 25 30 nds, ça va de nouveau être chaud pour remballer la grand voile et jeter l’ancre, je passe la barre a Anne Marie qui va maintenir le bateau face au vent le temps que je descende la grand voile, il va falloir être rapide, mais on devient des pros car l’opération se déroulera parfaitement bien maintenant inversion des rôles je reprends la barre et Anne Marie va à l’avant pour descendre l ‘ancre. Nous avons repéré Abondance, je m’approche de son arrière et stoppe le bateau, l’ancre descend, un petit coup de marche arrière pour bien l’accrocher et le tour est joué, facile ! Maintenant il faut surveiller si l’on est bien accroché surtout que le vent ne se calme pas mais tout va bien on va pouvoir souffler. Ouf arrivée rock on roll comme disent les filles !!Un petit coucou à Abondance, un petit repas et tout le monde au lit pour un repos bien mérité.
Cascais au lever de lune